1969 - 1990 Mouvements Sociaux - Crise du syndicalisme ?
Le début
de l'année 1969 est marquée par la victoire du peuple vietnamien
sur l'armée américaine (Accords de Paris entre Kissinger et
Le Duc Tho).
1970 -
La C.F.D.T. se prononce pour un " socialisme autogestionnaire "
et reconnaît l’existence de la lutte des classes.
1972 -
La C.G.T. approuve la signature du Programme commun de gouvernement par les
partis de gauche (communiste, socialiste et mouvement des radicaux de gauche
). Elle devait ensuite soutenir ce programme politique, aliénant ainsi
une part de son autonomie.
A partir
de 1973, parallèlement à la crise économique, le monde
du travail connaît une crise du syndicalisme qui s'est manifestée
par une baisse importante du nombre de syndiqués. En France, cette
crise a été renforcée par l'émiettement des forces.
Le syndicalisme s'est donc trouvé confronté à de graves
questions de crédibilité et d'efficacité alors même
que le salariat subit de nombreuses attaques du patronat et du pouvoir politique.
1974 -
Un second accord est signé entre la C.G.T. et la C.F.D.T.. Plus complet
que le précédent, il est plus précis également
sur les modalités d’action. Cette même année : décret
sur les C.H.S. (Comité d'Hygiène et de Sécurité)
- accord interprofessionnel instituant l'indemnisation du chômage à
90 % en cas de licenciements économiques.
1975 -
Loi sur le contrôle des licenciements économiques.
1979 -
A son congrès de Brest, la C.F.D.T. décide du " recentrage "
de son orientation. Elle entend désormais s'appuyer sur le réalisme
et la négociation et abandonne ses élans révolutionnaires
issus de 68. Elle réfute la conception d’affrontement global
sur laquelle était basée l’unité C.G.T.- C.F.D.T..
En fait la rupture est consommée dès 1977.
1979, c'est
aussi l'année de l'instauration d'une loi délimitant les contrats
à durée déterminée.
1980 -
1990 - La C.G.T. comme la C.F.D.T., saluent la victoire de la gauche en 1981
et appuient les premières réformes : Loi sur le travail à
temps partiel ; réduction de la durée légale du travail
à 39 heures ; institution de la cinquième semaine de congés
payés; abaissement de l'âge de la retraite à 60 ans ;
extension des droits syndicaux ; création du droit d'expression des
salariés ; création des Comités d'Hygiène, Sécurité
et Conditions de Travail. Dès 1982, les attitudes divergent :
Dans les
années qui suivent, les syndicats sont confrontés à l'approfondissement
de la crise de société et aux mutations profondes qui bouleversent
le salariat. En même temps que l’on peut parler de crise du syndicalisme,
les luttes prennent, depuis 1986, un caractère nouveau marqué
par une responsabilité plus grande des salariés.
Chute du
Mur de Berlin, qui entraînera la réunification de l'Allemagne,
et mouvements politiques et sociaux au sein de tous les Pays de l'Est, entraînant
la fin des régimes communistes totalitaires.
1990 - 1995 - Ces années voient la remise en cause des grandes utopies qui ont marqué le siècle et influencé le mouvement syndical : les sociétés socialistes se sont effondrées, les tentatives réformistes ont avorté. Le mouvement syndical connaît de nouveaux éclatements .
Alors que le libéralisme fait des ravages, les syndicats sont confrontés à une situation grave : précarité, chômage, marginalisation, bas salaires, dévaluation des qualifications, remise en cause des droits sociaux menacent la société d'implosion.
Confronté à ce défi, le syndicalisme dispersé doit retrouver son efficacité en dépassant ces désaccords idéologiques.
Février
1990 - Nelson Mandéla est enfin libéré, aprés
27 ans d'emprisonnement dans les géôles de l'apartheid. Ce régime
sera d'ailleurs vaincu grace à la lutte du peuple noir, les élections
démocratiques (1 homme - 1 voix) veront la victoire de l'ANC et l'accession
au pouvoir de Nelson Mandéla.
Janvier
1991 - Guerre du Golfe opposant les américains et leurs alliés
(dont la France) à l'Irak. La CGT s'oppose à cette guerre et
participe à toutes les manifestations organisées contre elle
en France.
Fin 1991
- Mouvement National des infirmières - Manifestations, siting pendant
112 jours devant le ministère de la santé .
Janvier
1992 - Le régime soviétique disparait de la scène internationale,
aboutissement de la fin de tous les régimes se réclamant du
socialisme (Pays de l'Est).
Janvier
1992 - 44 ème congrès de la CGT, Louis Viannet est élu
Secrétaire Général en remplacement de Henri Krasucki.
Septembre
1992 - Référendum sur le traité de Maastricht, que la
Commission Exécutive de la CGT avait invité a rejeter, courtement
adopté par les électeurs français (51 % de OUI, 49 %
de NON) .
Victoire
des partis de DROITE aux législatives ; Édouard Balladur (RPR)
est nommé premier ministre . Toute une série de lois contre
le monde du travail sont votées (Retraites progressivement ramenées
à 65 ans, loi quinquenale sur l'emploi visant à restreintre
les droits des salariés dans les entreprises, à institutionaliser
la flexibilité, la précarisation, le temps partiel imposé
etc.)
Avril 1993
- Création de la FSU (Fédération Syndicale Unifiée),
née du regroupement de 13 syndicats de l'enseignement exclus ou dissidents
de la FEN.
Mars 1994
- Manifestations étudiantes et lycéennes contre le projet de
"SMIC-JEUNE" (CIP), qui sera retiré par le gouvernement devant l'ampleur
du mouvement.
Mai 1995
- Élection de Jacques CHIRAC (RPR) à la présidence de
la république, il nomme Alain Juppé comme Premier Ministre.
Aprés
un automne social assez agité, et à la suite de l'annonce du
"Plan Juppé" de Sécurité Sociale , déclenchement
du MOUVEMENT SOCIAL de DÉCEMBRE 95 .
Fortes grèves dans les services publics (SNCF, Éducation Nationale, Fonction Publique...), mais surtout énormes manifestations interprofessionnelles et unitaires dans toutes les villes de France . Le gouvernement ne retirera pas son plan, mais l'expurgera de ses remises en cause des régimes spéciaux. Ce mouvement participera d'un regain de syndicalisation au cours de l'année 1996, mais surtout otera toute confiance des français en ce gouvernement qui sera largement battu aux élections législatives du printemps 1997.
Décembre
1995 - 45 ème congrés de la CGT à Montrueil, réélection
de Louis Viannet au poste de secrétaire général de la
CGT . Au cours de ce congrés la CGT décide de quitter la FSM
(Fédération Syndicale Mondiale) et de rénover ses statuts.
Sera également commémoré le Centenaire de la CGT, créée
à Limoges en septembre 1895 .
Printemps
1997 - Victoire des partis de la "Gauche Plurielle" (PS - PCF - Vert - MDC),
aux élections législatives - Lionnel Jospin nommé Premier
Ministre .
Décembre
1997 - Élections Prud'hommales, Test de représentativité
national pour les confédérations : la CGT reste la première
organisation syndicale française et stoppe son érosion .
Fin 1997
- Mouvement des Chômeurs en France, multiples manifestations, occupations
d'ASSEDIC, le gouvernement adoptera une série de mesures (relèvement
des minima sociaux, etc.).
Printemps
1998 - Vote de la loi sur la Réduction du Temps de Travail (35 heures
au 01/01/2000 pour les entreprises de plus de 20 salariés).
Février
1999 - 46 ème Congrés de la CGT à Strasbourg ; Élection
de Bernard THIBAULT secrétaire général en remplacement
de Louis Viannet. Le congrés adopte un document d'orientation confirmant
la forte présence de la CGT sur le terrain de la négociation,
sans toutefois changer ses options de lutte révolutionnaire face au
patronat, à la crise financière mondiale et au ravage de l'ultralibéralisme.
Nicole Notat, secrétaire générale de la CFDT, et Émilio
Gabaglio, secrétaire général de la Confédération
Européenne des Syndicat seront accueillis chaleureusement par les congressistes.
La CGT confirmant son choix de rentrer dans la C.E.S. , entrée qui
sera effective au premier semestre 1999.